lundi 30 septembre 2013

Dysfonctionnement(s) à Pôle Emploi...


Le nombre de chômeurs a diminué en août; 50 000 en moins ! a annoncé Pôle Emploi. Youpi !

Et aussitôt le gouvernement de se gargariser avec cette bonne nouvelle: "Pour la première fois depuis avril 2011, le nombre des demandeurs d’emploi a fortement baissé au mois d’août, confirmant l’amélioration progressive du marché du travail depuis plusieurs mois" peut-on lire sur le portail internet du gouvernement. On peut même y découvrir que Michel Sapin est content: "La courbe pour les jeunes s'inverse " et prudent: " Il est courant d’observer une certaine volatilité des chiffres du chômage d’un mois sur l’autre. Les résultats d’un mois ne font pas un retournement." Notre ministre est donc content, prudent et plein d'espoir: " L'objectif reste l’inversion durable de la courbe du chômage, à l’horizon de la fin de l’année. L’amélioration de l’activité permet d’envisager un rythme encore plus dynamique des intentions d’embauches dans les prochains mois."

Hé, franchement, les amis, avec pareilles déclarations, on a envie d'y croire, on a confiance, on se prend à rêver que Pépère, pour une fois, ne nous aurait pas menti... Même si, comme moi, vous aurez remarqué qu'à aucun moment, le "portail" ne fait allusion aux 70 000 radiations signifiées en août. Sans doute un simple oubli, il ne faudrait pas ruiner les espérances.  Ceci dit, 50 000 d'un côté et 70 000 de l'autre, bruts de fonderie comme nous z'autres, Français un peu couillons, l'entendons, ça fait un solde de 20 000. Annonçons donc une diminution du nombre de chômeurs, pour août  de 20 000; ça devrait coller et maintenir la joie ambiante. N'est-il pas ?

Et bien, non ! Parce que là, aujourd'hui, un mois plus tard, c'est-y quoi qu'on apprend ? Presque subrepticement ? Juste que Pôle Emploi s'est un peu emmêlé les pinceaux, il y aurait eu une petite erreur statistique, comptable, informatique et téléphonique; bref, ils ont merdé ! Et ils vous l'expliquent simplement, dans un langue accessible à tous, de façon à ce que tout le monde comprenne (humour): 

" On peut estimer que l'impact à la baisse de ce dysfonctionnement sur le nombre d'inscrits en catégories ABC est compris dans une fourchette de 32 000 à 41 000, dont 21 000 à 28 000 en catégorie A. Ainsi, en l'absence de ce dysfonctionnement, on peut estimer que le nombre de demandeurs d'emploi en catégories ABC aurait connu en août 2013 une diminution comprise entre 22 000 et 31 000 (soit entre -0,4 % et -0,6 %) ; pour la catégorie A, la diminution aurait été comprise entre 22 000 et 29 000 (soit entre -0,7 % et -0,9 %)

Et l'on apprend donc, incidemment qu'il y a eu un léger dysfonctionnement... un problème téléphonique avec SFR: "La faute en revient à SFR qui a indiqué avoir rencontré une grave défaillance dans l'acheminement d'une partie des messages de relance (SMS et messages vocaux) aux demandeurs d'emploi lors de la campagne d'actualisation du mois d'août." 

Vous l'aurez compris, d'une baisse du nombre de chômeurs " encourageante ", on se retrouve avec un pataquès dont la responsabilité, nous dira-t-on, n'incombe nullement à ceux qui sont chargés de "gérer" le chômage en France. 

Alors combien de chômeurs en moins en août ? 50 000 ? Non. 20 000 ? Non.  Entre 22 000 et 31 000 ? Non. Entre 22 000 et 29 000 ? Non. Alors combien ? Et bien demerden sie sich

Je sens qu'en fin d'année, ils vont avoir recours à de curieux stratagèmes pour nous faire avaler une inversion de courbe... sans aucun dysfonctionnement.

Folie passagère 1926.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

A qui peut bien appartenir ce joli château ?



N'est-il pas beau ce château du XVIIème siècle avec son parc de 75 hectares, ses arbres centenaires, son étang à truite (!), ses 3 courts de tennis et son mini-golf... Ça donne envie, non ? 

Mais à qui peut-il donc bien appartenir ?

La petite devinette du lundi matin... Réponse plus tard dans la journée...

Folie passagère 1925.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

dimanche 29 septembre 2013

Liberté ! Libérons le travail !


Malgré les accords d'entreprise signés entre salariés et direction, Sephora-Champs-Elysées est condamné à fermer sa boutique dès 21h00. Pour tous les volontaires qui travaillaient sur ce créneau horaire, la perte de salaire sera d'environ 300 euros nets chaque mois et le nombre total de poste sera de fait réduit. Un petit peu de chômage en plus... 

Nos médias nous gavent avec cela depuis hier, la quinzaine de Castorama et de Leroy-Merlin de région parisienne seront ouverts aujourd'hui malgré l'interdiction qui leur a été signifiée, interdiction assortie d'un risque d'amende de 120 000 euros par magasin et par dimanche ouvert. Là aussi, tous les employés sont volontaires et ont signé avec la direction un accord en ce sens. Bricorama, enseigne concurrente, a baissé le rideau dominical par obligation, son envergure ne lui permettant pas d'assumer l'amende éventuelle.

Les duty-free de Roissy ou d'Orly ont le droit d'ouvrir le dimanche quand les relais H de nos gares sont contraints à la fermeture. Leroy tenu de fermer quand sur le même parking les Jardineries Clauses font chaque dimanche le plein de clients. Ma boulangerie a été contrainte par arrêté préfectoral de fermer au moins un jour par semaine alors que 7/7 des gens y travaillaient ravis et que les clients s'y bousculaient. Sur les Champs, Sephora a le droit d'ouvrir le dimanche mais pas les Galeries Lafayette Montparnasse, elle est où la cohérence ?

Les socialistes, par le biais d'un communiqué officiel (et stupide) du parti, s'insurgent contre ses ouvertures dominicales. Mélenchon fait écho à Benoit Hamon: c'est illégal, c'est inadmissible, c'est odieux, etc... Les antis en appellent au respect de la vie de famille, du jour de repos obligatoire; pour un peu, bientôt, on entendra Besancenot prendre la défense de la messe dominicale. Les noeud-noeuds conseillent aux adeptes des courses le dimanche de préférer une promenade sylvestre en famille ou Vivement Dimanche à la télé...

Quelle bande de oufs, de cons, d'has-been, de ringards, de don quichotte ou de privilégiés ! 

Liberté, je dis liberté !

Laissons les gens libres de faire les courses quand ils veulent ou quand ils le peuvent. Laissons les gens - ceusses qui ont la chance d'avoir un boulot - travailler quand ils le souhaitent, quand ils le peuvent. Laissons les étudiants qui saisissent ce type d'opportunités mettre un peu de beurre dans les épinards. Donnons au bricolage autant de chances qu'au jardinage. Rafraîchissons notre archaïque code du droit du travail. Laissons les patrons s'accorder avec leur salariés, magasin par magasin, entreprise par entreprise.  Envoyons paître ces syndicats qui ne défendent plus qu'eux-mêmes. Libérons la responsabilité et laissons à chacun la possibilité de travailler, s'il le souhaite, la nuit ou le dimanche. La loi empêche ceux qui le souhaitent de travailler le dimanche ou la nuit, changeons la loi.

Sommes-nous dans une situation qui autoriserait ceux qui ont un boulot à refuser à ceux qui en n'ont pas de travailler quand bon leur semble ou quand un poste se crée le dimanche, le soir ou la nuit au Casto du coin ou chez Sephora ? Non ! Sommes-nous dans une situation qui autoriserait les syndicats qui ne représentent plus que 6% de la population active d'emmerder ceux qui souhaitent bosser là où un poste est disponible ? Non ! Sommes-nous si couillons qu'il nous faille attendre que le gouvernement décide si oui ou non quelqu'un a le droit de bosser quand un employeur ouvre un poste, fut-il dominical ou vespéral ? N'est-ce pas plus jouissif de bosser que de toucher le RSA ou une quelconque autre aide ? Vaut-il mieux signer un contrat d'avenir bidon et subventionné ou vaut-il mieux accepter un vrai contrat de travail vecteur de croissance réciproque, pour l'employeur comme pour le salarié ?

Sommes-nous bien le pays qui compte plus de 5 millions de chômeurs, toutes catégories confondues ? Oui !

Et bien alors bossons, donnons envie de bosser, prenons les boulots qui s'offrent, aidons à la création de postes le dimanche, le soir et les jours de fêtes s'il le faut, envoyons bouler les empêcheurs de bosser, mettons au régime le code du travail. Libérons le travail, liberté de travailler !


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Folie passagère 1924.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

samedi 28 septembre 2013

Le Point osera-t-il se foutre de la gueule de Mahomet ? Un jour ?


Curieux article du journal Le Point. Il eut pu être drôle s'il n'était empreint d'une cathophobie évidente, voire ordurière; une christianophobie assumée, devenue normale... Et comme l'écrit un commentateur du dit-journal, je mets au défi les deux pisse-copies, Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, de faire un article du même genre sur, allez au hasard, le sultan Murâd II, Ibrahim Al Bajuri, Saladin ou tant qu'à faire, Mahomet.

" 27 septembre 1590. À peine élu, Urbain VII veut servir les pauvres. Dieu le fait mourir aussi sec.

Nom de Dieu ! Treize jours après son élection, ce vertueux pape qui donne du boulot et du pain aux nécessiteux meurt du paludisme.

Pour une fois qu'un pape ne se livre pas au parjure, au meurtre, à l'adultère, à l'inceste ou au scoutisme à la mode hitlérienne, et qu'en plus il s'occupe en priorité des pauvres et ne se remplit pas les poches, il faut que Dieu le rappelle aussitôt à lui ! Le 27 septembre 1590, après seulement treize jours de pontificat, le trop vertueux pape Urbain VII succombe au paludisme. Il y a de quoi vous dégoûter de bien faire votre boulot... Du reste, on n'y reprendra plus aucun pape. 

Né à Rome en 1521 dans une famille appartenant à la noblesse génoise, Giovanni Battista Castagna étudie le droit civil et canonique dans diverses universités d'Italie avant de faire une brillante carrière. Commissaire aux comptes, archevêque de Rossano, président de diverses congrégations au concile de Trente, nonce en Espagne, à Venise, il possède un CV à décoiffer un cardinal. Il ne lui manque que d'avoir fait l'Ena. Surtout, il excelle dans tous les domaines. En 1583, il est fait cardinal-prêtre de l'Église titulaire de San Marcello puis, l'année suivante, il est nommé gouverneur de Bologne. À chaque fois, il manifeste une extraordinaire prudence, une capacité administrative inouïe et une efficacité rare. C'est donc presque tout naturellement que, dans la foulée du décès de Sixte Quint le 27 août 1590, il est désigné comme son successeur par les 54 cardinaux réunis en conclave le 15 septembre. La nouvelle de son élection provoque une vague d'allégresse universelle, tout spécialement en Espagne où son passage a marqué les esprits. François Hollande salue l'élection d'un pape enfin "normal". Celui-ci choisit le nom d'Urbain, sans doute pour rappeler qu'il fera preuve de bonté envers toutes ses ouailles.

Une liste des pauvres 

Il démarre son pontificat sur les chapeaux de roue de la papamobile. Dès le lendemain de son élection, il révolutionne la manière de régner d'un pape. Il fait distribuer de l'argent aux miséreux des faubourgs et ordonne de dresser une liste des pauvres de toutes les paroisses pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Il ordonne d'emblée à tous les boulangers de la ville de faire des pains plus gros et surtout de les vendre moins cher au peuple, il indemnisera leurs pertes sur ses propres deniers. Ses premières décisions changent vraiment des gangs bangs organisés par le pape Alexandre VI, ce cher Alexandre Borgia, un siècle plus tôt. Urbain VII s'attelle ensuite à fournir du boulot aux nécessiteux en ordonnant l'achèvement des travaux publics entamés par son prédécesseur, les palais du Vatican et du Quirinal, les bâtiments de l'église Saint-Pierre... En bon manager, il n'oublie pas de motiver les cardinaux, dont les revenus sont bien maigres, en les augmentant. Plus incroyable encore, il règle les dettes de tous les monts de piété de l'État ecclésiastique... tout ça sans les conseils de Jacques Attali. Ça, c'est du pape, the pape !

Une guerre contre le luxe

Le pontife ne s'arrête pas en si bon chemin, il entame une guerre contre le luxe, allant jusqu'à interdire aux chambellans du Vatican de porter des vêtements en soie. Du jamais-vu chez les papes ! Lagerfeld le maudit... Question santé publique, Urbain VII est même le premier à interdire le tabac dans un lieu public et menace d'excommunier quiconque en consommerait sous le porche ou à l'intérieur d'une église, que ce soit en le mastiquant, en fumant la pipe ou en le sniffant sous forme de poudre. Condamnant formellement le népotisme, il assure qu'il ne nommera jamais un de ses proches au sein de sa curie ou au conseil général des Hauts-de-Seine... Il exile même ses parents de Rome en interdisant de se faire appeler "Excellence" comme cela se faisait jusque-là. Finis les passe-droits ! Bref, le pontificat débute fort... d'autant que la cérémonie d'intronisation du pape n'a pas encore eu lieu. 

Mais, coup de tonnerre : quelques jours après son élection, le nouveau pape tombe gravement malade. Il doit s'aliter avec une fièvre de cheval déclenchée par le paludisme, la malaria (le mauvais air, comme disent les Italiens). L'enchantement se désintègre, les fidèles sont aux abois, le cul collé sur les bancs des églises à dévider leur chapelet pour que leur pape se rétablisse. On ordonne des prières de quarante heures, des processions interminables quadrillent les rues autour de Saint-Pierre, le pape reçoit le Saint Sacrement... On met le paquet ! Pour une fois qu'un pape de cette qualité est élu, pas question que Dieu le rappelle avant qu'il n'ait fait tout le bien qu'il a si longtemps médité.

Dernier vœu... pieux

Mais, comme souvent, Dieu fait la sourde oreille, l'état du pape vertueux s'aggrave. Chaque jour, le peuple est suspendu aux communiqués de santé dictés par le pontife lui-même. Depuis le ciel, Mitterrand lui conseille pourtant de se taire... Un jour, au plus mal, il exprime le désir d'aller sur le Quirinal, la colline où l'air est plus pur et plus sain, mais on lui rappelle fermement qu'il n'est pas d'usage qu'un pape soit vu en ville avant son couronnement. Comme si, en revanche, mourir avant son couronnement était d'usage. Bref, il n'a pas la force d'insister, alors il reste à décrépir au Vatican jusqu'à ce que, le 26 au soir, sa fièvre ayant décuplé, il se confesse, communie et reçoive l'extrême onction. La maladie l'emporte le 27 septembre. Bon jusqu'au dernier souffle, il lègue sa fortune personnelle à l'archiconfrérie de l'Annonciation, chargée d'assurer les dots des filles les plus pauvres. 

Le pape bienfaiteur est enterré dans la basilique vaticane, Grégoire XIV lui succède. Lui s'empressera, dès son élection, de distribuer 1 000 écus à chacun des 52 cardinaux qui l'ont élu. Les restes d'Urbain VII seront transférés 16 ans plus tard à l'église de Santa Maria sopra Minerva, où un magnifique monument sera érigé en son honneur."

D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Syrie: l'ONU est ravie, Bachar el Assad aussi !


Depuis hier, le monde libre est heureux ! Rendez-vous compte, enfin, une résolution a été adoptée à l'ONU pour obtenir la destruction des armes chimiques en Syrie. Fort de ce succès, Ban-Ki-Moon n'a pas hésité à déclarer: "La communauté internationale a rempli sa mission. C'est le premier signe d'espoir en Syrie ". Fabius et Pépère sont aussi très contents: " C'est le point de départ d'un processus politique pour faire cesser les combats ".

Et moi, je rigole, Assad aussi. Car pendant ce temps-là, pendant que la communauté internationale (dont les dirigeants Français) continue de soutenir les rebelles de diverses façons (envois d'armes, logistique, formation...) et de se réunir pour parler de destruction d'armes chimiques, il se passe des choses curieuses au sein de l'opposition syrienne, celle que soutiennent, entre autres, Pépère et Fabius. Étrangement, il faut  vraiment fouiller pour trouver quelques journaux qui en parlent (et rien aux JT) et pour comprendre le malaise qui devraient normalement s'emparer des ravis de l'ONU.

En Syrie, deux entités font la guerre à l'armée régulière de Assad: l'Armée Syrienne Libre et la Coalition Nationale Syrienne. La CNS, bras politique de l'ASL, est soutenue par les occidentaux. Ses dirigeants ont été reçus par Pépère en son Château. L'ASL qui compte environ 150 000 hommes est elle composée de divers groupes bien structurés, certains sont modérés et d'autres sont composés d'islamistes purs et durs qui considèrent la Charia comme seule source de la Loi. Or, parmi les groupes modérés, treize jusqu'ici affiliés à l'ASL ont décidé de rejoindre le Front Al Nosra. Ce dernier se revendique ouvertement d'Al Quaida. Parmi ces treize groupes qui font sécession d'avec l'ASL, 3 sont liés aux Frères Musulmans et à l'Arabie Saoudite et viennent de déclarer que la CNS ne les représentait plus et qu'ils ne la reconnaîtraient plus. Ces trois groupes revendiquent 40 000 combattants sur les 150 000 que compterait l'ASL. Vous suivez ?

Ainsi, la composante rebelle modérée de l'ASL ne représenterait plus que 15 à 20% de l'ensemble des forces opposées au régime de Bachar El Assad. Et lorsque l'on demande aux treize groupes sécessionnistes la raison de leur ralliement au Front Al Nosra, la réponse est sans appel: Le renoncement des occidentaux à frapper militairement le régime de Damas malgré les promesses et les déclarations fracassantes de hollande et d'Obama d'après-21 août ! Désormais, la mouvance radicale, salafiste et djihadiste, est la plus puissante et la plus nombreuse sur le terrain.

Autant dire que la Coalition Nationale Syrienne, soutenue ouvertement par la France, n'a plus aucune légitimité, localement, pour mettre en place comme elle le souhaitait un gouvernement de transition.

Comprenez-vous maintenant pourquoi la résolution de l'ONU a quelque chose de saugrenu propre à amuser Assad ? Vous verrez que sous peu cette même ONU se verra obligé de pondre une nouvelle résolution pour s'opposer fermement aux gens qu'elle défendait jusqu'à encore hier ! De là à imaginer que d'ici quelques semaines, l'ONU en vienne à soutenir Assad face à une opposition devenue majoritairement et officiellement  djihadiste, il n'y a pas loin !

Bachar se marre, il fait carton plein !

Folie passagère 1923.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

vendredi 27 septembre 2013

L'insolence de Cécile Duflot, la faiblesse d'Ayrault et de Hollande


Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar ? Hallucinante séquence, révélatrice du bordel ambiant régnant au sein du gouvernement, à laquelle nous avons assisté hier.

A-ton déjà vu un ministre houspiller publiquement un de ses collègues à ce point ? A-t-on déjà vu un ministre traiter son collègue de l'Intérieur de traître à la Nation ? Parce que c'est exactement ce qu'a fait hier Cécile Duflot lorsque, entourée de quelques autres ministres (Canfin, Vidalies et Martin) et du président de l'Assemblée Nationale Bartolone, elle déclare que Manuel Valls est "allé au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain." Rien que ça ! Valls avec ses propos sur les Roms aurait porté une grave atteinte au pacte républicain et donc à la Nation ! Et la Duflot d'en appeler à la responsabilité du Président de la République, squeezant, de fait, au passage, son supérieur hiérarchique direct, Jean-Marc Ayrault.

Et Claude Bartolone d'approuver les propos de Cécile Duflot !
Et Jean-Marc Ayrault de ne rien dire et de boire, juste après cette déclaration fracassante, le champagne avec Duflot !
Et hollande de se refuser à tout commentaire !

Comment interpréter d'une part l'insolence de Duflot et d'autre part l'absence totale de réactions immédiates de Ayrault et de hollande ? Si ce n'est autrement que par, soit de la faiblesse, soit un manque évident d'autorité, de la part de Ayrault et de hollande, manque d'autorité permettant aux ministres d'étaler publiquement leurs dissensions. Elle est où la cohésion gouvernementale ?

Peut-on imaginer qu'en ne sanctionnant pas Duflot, Ayrault et hollande approuvent ses propos ? Et dans ce cas, quel désaveu pour Valls. Valls qui pourtant, en maintenant la pression sur les Roms, ne fait rien d'autre que d’exécuter les ordres de hollande et de Ayrault. Mais si Valls est ainsi désavoué, quel crédit accorder à Belkacem qui, en tant que porte-parole du gouvernement, a apporté à Manuel Valls, avant-hier, le soutien plein et entier...du gouvernement !

Il me semble que lors de sa dernière conférence de presse hollande avait recadré ses équipes, leur enjoignant de ne parler que d'une seule voix. Nous le voyons, il n'en est rien. Le bordel continue au sein du gouvernement, comme depuis des mois.

Que penser d'un président et d'un premier ministre qui laissent leurs ministres s'écharper publiquement ? Pas grand chose de bien. Des " couilles molles " comme se plaisait à le dire Martine Aubry ?

Reconnaissons au moins à Duflot le mérite d'avoir grâce à sa déclaration occulté complètement la tournée de Pépère à Florange ruinant ainsi tout le bénéfice de communication que celui-ci espérait en retirer. C'est ce qui s'appelle se faire piquer la vedette.

Folie passagère 1922.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

jeudi 26 septembre 2013

Deux femmes, deux gamins et une baignoire à roulettes

Cela fait deux jours que je traîne cette photo dans un coin de ma mémoire. Elle a été prise à Lille, il y a quelques jours, parait-il. Je reconnais l'endroit, j'habitais à proximité entre 1996 et 2000. 


En ce temps, pas si lointain, et pour autant que je m'en souvienne, Lille venait depuis quelques temps de finir la rénovation de sa vieille ville et de son hypercentre, comme on dit aujourd'hui. C'était plutôt pas mal et plutôt safe. Je ne peux compter les nuits où à pas d'heure je rentrais chez moi sans crainte. Je n'ai jamais été agressé, je ne connais personne qui l'ait été. Lille était clean.

C'est pourquoi cette photo m'a interpellé. Jamais, donc, il ne m'a été donné de voir ce type d'instantané "folklorique". En ce temps-là - et encore une fois, ce n'est pas si ancien - on ne me parlait pas d'immigrés à Lille, je ne parlais pas ni n'écrivais sur les roms, les gens du voyage et autres populations à ne pas stigmatiser; d'ailleurs, tout le monde s'en fichait, ça ne nous préoccupait pas. Y en avait-il ? Peut-être, sans doute alors étaient-elles bien cachées. Elles n'étaient pas là?  Possible, je n'en avais jamais vu; pas faute d'avoir traîné mes guêtres pourtant, oiseau de nuit, la nuit, cadre dynamique, le jour.  Que s'est-il donc passé ?

Regardant cette photo, je m'interroge. Sont-ce deux femmes algériennes, kabyles, marocaines, berbères, "arabes", il me semble voir sur leurs têtes de simples fichus, pas des voiles muzz. Sont-ce des romanichel(le)s, des roms, des gens du voyage ? Je ne sais pas trop et à la limite, peu importe. Mais que font-elles, là, à promener leurs gamins dans une baignoire à roulettes. Vous me direz, elles traversent dans les clous, preuve s'il en est qu'elles ont le sens des priorités... Vont-elles puiser de l'eau quelque part, y remplir la baignoire ? Les gamins ne semblent plus tout à fait en âge d'être promenés en poussette, même customisée. Qu'est-ce qui peut pousser deux femmes à exhiber ainsi deux pauvres gamins ?  Enfin quand je dis "exhiber" c'est ainsi que je pense, peut-être prennent-elles la chose bien plus simplement. Elles ne portent pas les habits d'un jour de fête, les enfants non plus, ils ne vont donc pas à une kermesse, à une fête de quartier ou à un concours de baignoires roulantes et flottantes comme il y a, une fois l'an, près de chez moi. N'ont-elles pas la même définition que moi du mot dignité ? Possible; je l'espère même, pour les enfants. Peut-on imaginer une mère bien de chez nous balader ainsi ses enfants ? Sans doute pas sauf pour Carnaval, peut être.

Quel peut être, de près, le regard de ces deux gamins; on voit tout dans un regard. Sont-ils heureux ? Sont-ils conscients de leur humilité, de leur pauvreté ? J'ose espérer que non. De quelle manière, une fois devenus grands, se souviendront-ils de cette exhibition ? En riront-ils ou garderont-ils rancœur et amertume ? Grandiront-ils tout simplement ?

En fin de compte, ces deux femmes me mettent colère et ces deux gamins me feraient pleurer si j'avais la larme facile. Je reconnais ne pas avoir toutes les clés pour comprendre cette photo mais elle me choque, elle me dérange.

Oui, je n'aime pas cette photo et je n'aime pas ces deux femmes parce que je les suppose mères.

Folie passagère 1921.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

Hollande à Florange: Merguez ou impôts, il faut choisir !


Un ouvrier d'Arcelor Mittal, monsieur Olivares, interviewé par un journaliste de Itélé:

"On lui avait offert des merguez la dernière fois qu'il était venu. Aujourd'hui, j'ai reçu ma feuille d'impôts, je n'étais pas imposable, maintenant je le suis, alors vous pensez, jeter des merguez sur le président, ma femme m'a dit que ce serait du gâchis. On n'a plus les moyens ! "

Fermez le ban !

hollande est aujourd'hui à Florange. Montebourg, ministre de l'Industrie, a été privé de visite. Filipetti, vieille copine de Edouard Martin et ministre de la culture, sera là par contre. Edouard Martin ne porte plus le célèbre gilet orange, une rumeur dit qu'il serait candidat aux élections européennes sur une liste PS. Le président n'ira pas sur le site des hauts-fourneaux, il contournera. La réunion avec les syndicalistes se fera à huis-clos. Les militants, les syndicalistes et les ouvriers de Florange sont super-contents, un centre de recherche (pour ingénieurs, donc) sur la sidérurgie va être créé. La loi "Florange" va être votée d'ici la fin de l'année mais elle ne concernera pas Florange.

Le cortège présidentiel était impressionnant. Un foule immense et bien sage... d'à peine une centaine de personnes portant fièrement gilet orange et drapeaux syndicaux a copieusement hué et sifflé le président.

A part ça? Rien.

Folie passagère 1920.
D'accord, pas d'accord: atoihonneur@voila.fr

Les larmes du drapeau - FTP