lundi 25 septembre 2017

Marre des cons !

De l'ami Koltchack: 

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(Un militant CGT symbole des libertés syndicales de plus en plus bafouées./Photo Laurent Dard)

" Je dois avouer que je commence à ressentir une sorte de lassitude. Sous prétexte d'opposition à notre prince-président, je vois des tas de gens, qui pourtant se définissent comme étant de droite, défendre les guignolades syndicales actuelles, quand ces personnes n'en arrivent pas à trouver quelque excuse aux pignolades mélenchonesques.

Ainsi donc, la France serait un pays livré aux forces ultra-libérales. Quand je lis ou entends cela, j'ai à peine envie de pouffer.

Il faudra un jour que l'on finisse par m'expliquer comment on peut en arriver à une telle conclusion dans un pays où, tous prélèvements confondus, nous travaillons pour l'Etat jusqu'au 14 juillet ! Si ça ce n'est pas de l'activité fiscale confiscatoire, je me demande bien ce que c'est.

Et encore, s'il y avait une véritable efficacité des différents dispositifs dits " de solidarité ", mais même pas. À l'heure actuelle une compagnie d'assurance maladie privée, dite " au premier euro ", c'est à dire fonctionnant sur le même principe que notre sécu, permet en regard de ce que nous pique la SS de faire une économie annuelle d'au moins 1000€, tout en assurant une prise en charge à 100%, alors que celle de la SS nous oblige à cotiser à une mutuelle pour éviter de trop perdre.

La vérité, c'est que l'Etat ne sait pas faire fonctionner ces systèmes, il est incapable de s'affranchir de son lourd modèle bureaucratique soviétoïde qui avale une partie non-négligeable des sommes extorquées pour nourrir la bête. La fameuse sacro-sainte redistribution, c'est dans le meilleur des cas 50€ de restitués pour 100€ perçus. Et pour être très clair, l'usage du terme " redistribution " est une pure escroquerie intellectuelle, car pour qu'il y ait redistribution, il faudrait qu'il y ait eu au préalable une distribution. Or, l'Etat ne crée aucune richesse et ne distribue rien.

Entendons-nous bien, je ne suis en aucune manière un libéral, j'ai toujours pensé que le libéralisme, comme n'importe quel autre système de pensée politique du prisme, ne peut qu'être nocif s'il n'est pas contenu par de solides barrières. Mais pour autant, je refuse de ne pas voir les idées positives qu'il peut proposer au prétexte qu'elles seraient libérales.

Et quand je vois ces longues théories de pousse-mégots défiler derrière des bouffons comme la Méluche, ou descendre dans la rue pour défendre leur petit pré carré d'avantages acquis, alors que le pays crève de ses déficits, de sa dette, que toute réforme d'envergure a été repoussée depuis 40 ans par les gouvernements qui se sont passés et repassés les commandes du pays parce que la rue gronde, j'enrage littéralement. Ce sont mes enfants et mes petits-enfants qui vont devoir raquer l'addition laissée par ces cons.

Et encore, s'ils défendaient intelligemment leur bout de gras, mais même pas. Quand on voit les abrutis du PCF et de la CGT manifester pour les sans-papiers qui bossent au noir et leur piquent le boulot, comment ne pas désespérer de l'intelligence humaine. Et ce sont ces mêmes cons qui vont hurler contre le patronat qui emploie les clandestins qu'eux-mêmes contribuent à maintenir sur notre sol.

C'est ça la rue ? Et bien gardez-la, je n'en suis pas et n'en serais jamais.

L'ennemi de mon ennemi n'est pas nécessairement mon ami. Et s'agissant de la racaille bolcho-syndicale, je ne me compromettrais jamais avec ça. Ils sont la négation de tous les principes et vertus auxquels je crois, ils sont ennemis de tout ce qui est bel et beau, de tout ce qui fait qu'une société est saine, viable et vivable."

P. Koltchack

On ne peut que plussoyer, n'est-il pas ?

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samedi 23 septembre 2017

Le compte Off-Shore de Bariza Khiari que personne ne veut voir...

Imaginez un instant que l'on découvre que, par exemple, Laurent Wauquiez, Marine Le Pen ou bien encore Nicolas Sarkozy possèdent un compte planqué, un compte off-shore au Panama. Hein, imaginez le scandale que ce serait ! A côté de cela, les cyclones, la guerre nucléaire américano-coréenne ou bien encore la petite sauterie de Mélenchon à Paris cet après-midi, oui, tout cela passerait à la trappe. BFM, CNews, Libé, Le Monde en feraient leurs gros titre. N'est-il pas ?

Bien, maintenant, imaginez que l'on découvre qu'une ancienne vice-présidente (PS) du Sénat devenue depuis, par la volonté de Jupiter, co-directrice du mouvement En Marche possède réellement un compte planqué au Panama, pis encore que celui-ci n'apparaît pas sur sa déclaration de patrimoine déposée à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Politique, hein, imaginez, on s'attendrait à ce que cela secoue le landernau, que le parquet financier se saisisse de l'affaire, que les médias passent le truc en boucle et que Bariza Khiari - puisqu'il s'agit d'elle - soit convoquée séance tenante devant les instances du parti ! 


Et bien non ! Queue-de-chie balai de crin, rien, nada, nibe. Le compte off-shore de cette dame n’intéresse personne. Même pas Merdapart. Etonnant, non ? Tout le monde se fout que Bariza Khiari soit " director " de la Bako Queen Investmet Inc.. Tout le monde se fout que la quasi totalité des membres dirigeants de cet entreprise panaméenne soit, comme par hasard (voir mon précédent billet sur B. Khiari, ICI), des musulmans. Tout le monde se fout que cette société regroupant pas moins de 9 dirigeants ou membres n'ait en tout et pour tout comme capital que 10 000 dollars américains. C'est-y pas formidable ?

Il paraît que la répression d'une déclaration mensongère à la HATVP ( art. LO 135-1du code électoral) ainsi que la dissimulation d'actifs sont constitutifs d'infractions à la loi pénale et fiscale. Sauf pour Bariza Khiari ?

( Merci à J. A. qui a, avec courage, levé le lièvre...)

Ci-dessous, Bariza Khiari entourée, entre autres, de Richard Ferrand (visé par la justice pour sa gestion des Mutuelles de Bretagne), de Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, et de Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement.

Folie passagère 3437
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vendredi 22 septembre 2017

L'hommage au Para.

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Avant hier, j'ai emmené l'Ancien à l'enterrement d'un gars que je ne connaissais pas. L'Ancien, non plus, ne le connaissait pas mais on lui avait demandé d'aller dire quelques mots sur le défunt. Arrivés à l'église, je remarque une bonne vingtaine d'anciens combattants, à la louche entre 50 et 75 ans, en uniforme et arborant leurs placards de médailles, le béret rouge sur le crâne. Il y avait aussi quelques porte-drapeaux. Aucun d'entre eux ne connaissait l'homme qu'ils venaient honorer. Ils venaient, par leur présence, rendre hommage au soldat de 1ère classe T., chevalier de la Légion d'Honneur, croix de guerre avec palme, rendre hommage à l'un des leurs: un ancien militaire, un para, un combattant.

Le gars en question, 84 ans, était un ancien parachutiste de l'ex Bataillon des Parachutistes Coloniaux. Il s'était engagé à l'âge de 18 ans pour servir la France et, de fait, aller se battre en Indochine. Quelques jours avant la chute de Dien Bien Phu et alors que tout le monde savait que la fin était aussi inéluctable que proche, les généraux français continuaient d'ordonner des parachutages d'hommes et de matériels sur la cuvette. Les hommes qui sautèrent, tous volontaires et pour la plupart n'ayant jamais sauté plus d'une fois, savaient pertinemment qu'une fois à terre il n'y aurait qu'une alternative: la mort au combat ou être fait prisonnier par le Viet Minh. Des héros et le meilleur exemple de ce que pouvait être la bravoure militaire ainsi que l'engagement.

C'est bien évidemment ce qui arriva au 1ère classe T., 19 ans le jours du saut. Après avoir sauté de nuit et s'être battu au corps à corps, il fut fait prisonnier et comme des milliers de camarades eut à marcher des dizaines voire des centaines de kilomètres pour rejoindre les camps. Il resta prisonnier près d'une année avant d'être enfin libéré. Environ 11 000 hommes furent faits prisonniers lors de la chute de DBP, seuls 3 300 furent restitués par le Viet Minh, les 7 700 autres moururent dans des conditions souvent épouvantables: marches interminables, travaux forcés, sous-alimentation, mauvais traitements, conditions climatiques...

Cet épisode, ces largages inutiles, comme tant d'autres de cette période, ont quasiment disparu des livres d'Histoire; même l'armée d'aujourd'hui et ses plus hauts responsables ont du mal à se souvenir et font bien peu d'effort pour entretenir le devoir de mémoire. Heureusement, il y a encore des anciens combattants, des jeunes et des moins jeunes, qui sans forcément connaître personnellement ceux qui partent, pallient cette indifférence et cette absence de reconnaissance officielle en allant rendre hommage à ces frères d'armes.

Au milieu de la cérémonie fut lue la prière des paras, tous les anciens combattants se levèrent, et eux seulement, mirent leur bérets, se mirent au garde à vous et tous la récitèrent d'une seule voix. Je fus surpris de constater que l'Ancien aussi la connaissait... Je vous garantis que dans l'église, pleine à craquer, ça frissonna grave.


Je m’adresse à vous, mon Dieu
Car vous donnez
Ce qu’on ne peut obtenir que de soi.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais.
Je ne vous demande pas le repos
Ni la tranquillité,
Ni celle de l’âme, ni celle du corps.
Je ne vous demande pas la richesse,
Ni le succès, ni même la santé.
Tout ça, mon Dieu, on vous le demande tellement,
Que vous ne devez plus en avoir !
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi, ce que l’on vous refuse.
Je veux l’insécurité et l’inquiétude
Je veux la tourmente et la bagarre,
Et que vous me les donniez, mon Dieu,
Définitivement.
Que je sois sûr de les avoir toujours
Car je n’aurai pas toujours le courage
De vous les demander.
Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste,
Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas,
Mais donnez-moi aussi le courage,
Et la force et la foi.
Car vous êtes seul à donner
Ce qu’on ne peut obtenir que de soi


A la sortie, je ne pus m'empêcher de penser ainsi: aurais-je été capable de m'engager, de sauter en sachant pertinemment que... Et les jeunes d'aujourdhui, seraient-ils capables d'un tel sacrifice ? ...

Folie passagère 3436
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jeudi 21 septembre 2017

Lettre à Liliane Bettencourt


Il y a plus de six ans, au plus fort de l'affaire dite " Affaire Bettencourt ", une occasion comme une autre de mettre plus bas que terre, et pour rien, Nicolas Sarkozy, j'écrivais sur ce blog une lettre à Liliane ? C'est peut-être bien, ce soir, l'occasion de la ressortir:

" Liliane, Liliane, cela faisait longtemps que je voulais t'écrire, très longtemps crois-moi. Jamais je n'ai osé, ce sera aujourd'hui chose faite.

Dans un premier temps, Liliane, permets moi de tutoyer mais depuis que l'on te voit aux infos, pour un oui ou pour un non, j'ai l'impression de te connaître, tu fais partie de la famille du PAF.

Crois-tu qu'un jour, ils te foutront la paix, les cons ? J'ai cru un instant qu'ils s'étaient enfin décidés à te lâcher la jupe, penses-tu, quelques semaines seulement, le délai nécessaire pour recharger les stylos de leur venin habituel: gnan-gnan, la vieille n'a plus toute sa tête et blablabla... Je t'ai écouté à la radio, tu semblais bien avoir toute ta tête. Ta fille te fait braire, envoie la chier, tu as raison. Il est venu le temps pour toi de faire et de dire ce que tu veux. Tu le peux, question d'équilibre et de justice. Toute ta vie, tu es restée à ta place, jamais un mot plus haut que l'autre. D'ailleurs malgré ton pognon et ton entregent, qui te connaissait avant ? Avant l'affaire... Certainement pas le grand public à qui l'on t'a jeté en pâture. A ce même public, il ne faut pas en vouloir, il est un peu couillon, il prend pour argent comptant tout ce que les médias lui donnent à bouffer. Alors imagine, une dame âgée gorgée d'oseille, tu es une cible facile, et il a faim.

Ce n'est pas de bol tout de même, tu as tout pour jouir d' une fin de vie tranquille mais ton magot fait des envieux, Liliane, beaucoup d'envieux: les journaleux, les merdapart, les paparazzi, les partis et les micro-partis, les gigolos, l’État et la Culture, les avocats, même Nescafé tourne au dessus de ta tête comme un vautour, prêt à te dépecer. Avec ton nom et ton pognon, Liliane, on peut en faire des choses: bâtir des retraites dorées pour photographe raté, créer des empires, stimuler l'imaginaire et les fantasmes, faire de l'audience et défoncer l'audimat. Sur ton dos, Liliane, ils bouffent la laine et l’alpaga. Envoie les paître ailleurs !

N'écoutant que ta passion des arts et de la culture, tu as distribué beaucoup, beaucoup d'argent et à trop de monde. Crois-tu qu'aujourd'hui, ils te sont reconnaissants ? Reconnaissance du ventre et du portefeuille, rien de plus. En as-tu vu venir un publiquement à ton secours pour qu'enfin cessent les charges incessantes contre toi ? Ces saillies que seuls les grands envieux et les jaloux savent si bien orchestrer. Moi pas.

Liliane, soyons réalistes, il ne te reste qu'une paire d'années à tirer. Parmi tous ces requins ou bien au paradis sur terre? En voila un choix facile à faire, tu as passé l'âge d'être emmerdée par les cons. Moi, à ta place...

Alors, Liliane, qu'attends-tu pour te barrer sur ton île, elle a l'air si belle, si tranquille et... si loin de tout cela. Laisse tout en plan, file tout ce dont tu n'as pas besoin à quelques bonnes œuvres, au Pape, à Bill ou pourquoi pas à l'Armée du Salut et file à l'anglaise.

Arros t'attend.

Permets moi de te souhaiter bon vent, Liliane. "

Aujourd'hui, Liliane est partie pour de bon. Une nouvelle fois: Bon vent Lilliane !

Folie passagère 3435
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Consternation

Je suis consterné par la vacuité de l'actualité politique. Je suis consterné par l'actualité française. Et je ne vous parle même pas de l'internationale. Je préfère donc tirer le rideau pour aujourd'hui, ça m'évitera d'être grossier.

Folie passagère 3434
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mercredi 20 septembre 2017

A propos des Rohingyas: Idéologies et approche victimaire...

On nous dit, à grands renforts d'images terribles, que les Rohingyas se font massacrer et fuient la Birmanie par centaines de milliers. C'est vrai mais ce n'est pas aussi simple qu'on voudrait nous le faire croire. Voyez-vous, moi, les conflits qui médiatiquement sortent comme cela du jour au lendemain, ça me travaille, je me dis qu'il y a un loup même si pour une fois rien ne semble flou. Alors, j'ai lu plein de trucs sur ce conflit jusqu'à tomber sur l'article qui suit et qui me semble être la meilleure explication sur ce qui se passe là-bas, vision qui bien évidemment n'est pas celle de nos médias et encore moins celle de notre Président jupitérien (cf. son discours à l'ONU). Prenez le temps de le lire, vous aurez un autre regard sur les Rohingyas, ce conflit et la manière dont il est traité par les médias et certains...

(Manifestation pro-Rohingyas à Dacca (Bengladesh),
par les partisans du mouvement islamiste Hefazat-e-Islam)
" Rohingyas : idéologies et approche victimaire

L’ennui avec une idéologie, quelle qu’elle soit, c’est que son approche de la réalité est rarement conforme avec les faits. Lénine disait qu’il n’y avait que deux idéologies, l’idéologie bourgeoise ou l’idéologie socialiste (1). En cela, comme sur d’autres points d’ailleurs, il avait tort. Il y en a une troisième : l’idéologie de l’Islam militant ou islamisme. Ainsi Jules Monnerot avait-il bien raison de dire que l’Islam serait le communisme du XXème siècle (2). Cette affirmation se révèle et se constate tous les jours. L’actualité nous en donnant des éléments à flot constant. Pour l’illustrer, nous nous pencherons sur ce qu’il se passe en Asie du Sud-Est, précisément au Myanmar, l’ancienne Birmanie. 

Le grand public a découvert ces dernières années et plus encore ces derniers mois, une minorité dont elle ignorait jusqu’à lors l’existence : les Rohingyas. Minorité ethnique et religieuse, elle est une de celles qui composent l’ensemble des habitants du Myanmar, avec la majorité Birmane bouddhiste. Malheureusement, ce public approche le conflit en question, par les informations qui lui sont données, de façon tronquée ; l’explication qui lui est donnée est monocausale. Rien n’est plus faux, surtout en matière géopolitique.

Un tiers exclu

Les Rohingyas sont un sous-groupe du peuple bengalais situé sur le territoire de l’actuel Myanmar suite aux affres de la colonisation britannique. Les Britanniques ayant utilisé les Rohingyas dans la répression contre les Birmans, que ce soit lors de la conquête de ce qui allait devenir le Raj britannique ou au moment de l’indépendance birmane, cette minorité n’a jamais été considérée par la quasi totalité des habitants de la Birmanie (puis du Myanmar) comme faisant légitimement partie des peuples constituant la « nation birmane ». Des groupes ethniques, le Myanmar en compte de nombreux - pas loin de 130 (3) - et pas toujours en sympathie avec le pouvoir de la capitale actuelle, Naypyidaw (4). En effet, que ce soit avec les Chans, les Chins, les Karens bien sûr, de nombreux conflits ont émaillé les rapports avec le pouvoir en place depuis l’indépendance en janvier 1948, notamment sous la junte militaire entre 1962 et 2011 et ce jusqu’à aujourd’hui. 

Les Rohingyas ne parlent quasi exclusivement que le Bengali, et ne sont ni intégrés et encore moins assimilés à leurs compatriotes bouddhistes. Depuis longtemps discriminés et persécutés dans le pays (ils n’ont pas le droit de sortir du Rakhine, n’ont pas de papiers d’identité), ils ne sont pas véritablement des citoyens mais ont le statut d’« associés » à la Birmanie ; bref, ils sont dans une situation bien plus difficile comparativement aux autres minorités ethniques ou religieuses, elles mêmes souvent persécutées. 

Géographiquement, les Rohingyas se regroupent à l’Ouest du Myanmar, près de la frontière avec le Bangladesh, dans le Nord de la province de l’Arakan (Etat de Rakhine), en un territoire ouvert sur le Golfe du Bengale. Ils constituent une des minorités dans la dite province, face aux Arakanais (bouddhistes) majoritaires. 

Minorité ethnique, les Rohingyas sont aussi une minorité religieuse en ceci qu’ils sont musulmans. C’est là qu’intervient l’approche idéologique du conflit (dont nous parlions au préambule), c’est là que les faits sont travestis, que s’ouvre le Story telling. Alors que l’on nous présente le conflit sous un angle exclusivement religieux (gentils musulmans contre méchants bouddhistes), nous pourrions dire en utilisant un terme de juriste, que l’Islam n’est en définitive pas le « fait générateur » du conflit. En effet, il y a d’autres fortes minorités musulmanes au Myanmar : il y a ceux d’origine indienne et ceux d’origine chinoise (Panthays). Or, que constate-t-on ? Que ces deux autres minorités musulmanes du Myanmar n’ont aucun souci d’intégration et qu’elles ne font pas l’objet de discrimination et de mépris de la part du pouvoir et/ou de la population du Myanmar, qu’il n’y a pas de conflit de la nature dont sont partie prenante les Rohingyas. Ainsi, présenter ce qui s’y passe sous l’angle d’une minorité musulmane opprimée du fait seul qu’elle professe l’Islam ne tient pas la route. Par contre, ceux qui ont un intérêt particulier à ce que le conflit soit perçu de la sorte sont les idéologues : les islamistes et les mondialistes. 

Les islamistes 

Les premiers idéologues sont les islamistes, qu’ils soient locaux (Rohingyas, Bangalais), régionaux (du Sud de la Thaïlande, de Malaisie, des Philippines et d’Indonésie) et aussi bien sûr, ceux de la mouvance islamique pro-califat (Al-Qaida, Etat Islamique, Hizb-ut-Tahrir, etc.). Par la mise en avant de cette posture victimaire, « les » musulmans n’apparaissant plus médiatiquement avec le label « barbares terroristes », « oppresseurs » et « sanguinaires » mais comme des opprimés, un statut privilégié qui apitoie l’opinion et exonère de toute analyse (5), tant l’émotion tue la raison. De plus, en appeler à l’action des musulmans du monde contre les responsables au pouvoir à Naypyidaw, permet à ces idéologues non seulement de permettre l’ouverture d’un nouveau foyer-creuset pour combattants djihadistes, mais encore de mobiliser les musulmans du monde (la Oumma) face à l’ennemi impie en une cause transnationale, globale.

Soulignons que dans ce conflit, les armes ne sont pas que d’un seul côté. Les Rohingyas ne sont pas que des victimes, tuant et détruisant eux aussi ; et ce, avec autant de sauvagerie et de haine que les extrémistes birmans bouddhistes, civils ou militaires. Les Rohingyas ne sont pas épars et sans structures combattantes. Ils ont des groupes armés, mobiles et entraînés, dont le Harakah al-Yaqin qui se fait appeler Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) lorsqu'il communique avec des journalistes occidentaux. Enfin, ce conflit n’est pas circonscrit aux seules limites du territoire birman de l’Arakan. Un certain nombre de combattants Rohingyas sont des djihadistes militants, en liaison étroite avec le Harakat al Jihad al Islami du Bengladesh voisin, ayant été entraînés par l’ISI (les Services pakistanais), souvent passés par les madrassas pakistanaises et ayant connu le théâtre afghan. Des liens ont été observés, par ailleurs, notamment entre les insurgés des trois provinces du Sud thaïlandais et les musulmans birmans des organisations Rohingya Solidarity Organization (RSO), Arakan Rohingya Islamic Front (ARIF) et de l’Arakan Rohingya National Organization (ARNO). Il est à noter, au passage, que la plupart de ces groupes islamistes armés ont leur siège au Bengladesh et qu’ils bénéficient de la bienveillance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. 

Les mondialistes 

Les autres idéologues sont les mondialistes. Ces derniers utilisent, eux, un autre ressort idéologique : les « droits de l’Homme », ceci pour de simples mais colossaux intérêts financiers. Ces mondialistes appartiennent à deux groupes qui ne sont pas sans liens : des intérêts privés et des intérêts étatiques. Les premiers étant de grands groupes pétroliers (notamment britanniques et américains, tels Exxon, British Petroleum, mais aussi Shell, etc.). En effet, on constate que le groupe Total présent au Myanmar depuis 1992, subit depuis deux décennies des attaques incessantes via des ONG anglo-saxonnes, des organisations « humanitaires » poussées et financées par les groupes pétroliers ; le but de ces actions aux paravents « droits de l’hommistes » étant d'accuser le groupe français de "collusion avec le régime birman sanguinaire" et ainsi d’évincer au final Total de sa licence d’exploitation des ressources en hydrocarbure (gaz et pétrole) au Myanmar et en particulier du champ gazier off shore de Yadana (dont Total est opérateur à hauteur de 31,2 %)(6), une éviction qui se ferait au profit de ses concurrents (7). 

Les autres mondialistes étant les Etats-Unis dans une action visant non pas Naypyidaw directement en tant que tel, mais bien plutôt la Chine, pilier du régime birman, en un jeu de billard à plusieurs bandes. Rappelons qu’un pipe-line a été construit, reliant le Yunan (Kunming) aux rives du Golfe du Bengale (port de Kyaukphyu, dans la province de l’Arakan) ; un pipeline financé par les Chinois et qui compte beaucoup en tant que voie d’acheminement énergétique pour Pékin. Il est aisé de comprendre que des troubles dans la région, un conflit armé et un pipeline endommagé et/ou rendu inopérant, un pays (le Myanmar) mis au ban des nations pour ses exactions directes ou indirectes sur une partie de sa population, gênerait la République Populaire de Chine (8). 

Ces deux types d’idéologues, par delà leurs motivations respectives, ne peuvent donc qu’applaudir si ce n’est pousser à la mise en avant de ce conflit (au détriment d’autres sur la planète), car pour l’un, il mobilise au niveau mondial non seulement la Oumma, mais la tendance islamiste radicale et djihadiste en un nouvel abcès de fixation et de trouble régional ; et pour l’autre, il permet d’avancer des intérêts économiques et de déstabiliser un rival de poids, ceci par le biais d’organisations relais aux intentions « humanistes » qu’ils financent et qu’ils manipulent (9). 

Jusqu’à lors louée par les capitales occidentales, Aung San Suu Kyi se voit reprocher aujourd’hui de ne rien dire sur ce conflit. Il faut dire que l’ancienne égérie des mondialistes - coqueluche des droits de l’hommistes, enfant chérie de l'hyper-classe et lauréate du Prix Nobel de la Paix - qui avait été utilisée pour diminuer le pouvoir de la junte dans les années 1990-2010, étant Birmane et bouddhiste ne peut se désolidariser de la majorité de son peuple composé à 88 % de bouddhistes. Par ailleurs, elle sait l’importance de Pékin et de l’aspect vital du pipeline chinois. Elle mesure également l’influence au sein de la population des bouddhistes nationalistes, qu’ils soient du Mouvement 969 du moine Ashin Wirathu ou de la Fondation Philanthropique Buddha Dhamma dirigée par le moine Tilawka Biwuntha. Ainsi, Aung San ne défendra-t-elle jamais la cause des Rohingyas et son éclat d’icône de la démocratie bâtie dans les années 90 sera vraisemblablement de plus en plus terni dans les médias mainstream. Il est donc fort à craindre que ces affrontements ne cessent, compte-tenu du fait qu’ils sont nourris et souhaités tant en interne, par des extrémistes bouddhistes et militaires ainsi que des Rohingyas, qu’à l’extérieur du pays par des idéologues islamistes et mondialistes. "

Philippe RaggiChercheur en géopolitique, spécialisé sur l’Asie du Sud-Est. Chef du département Asie du Sud-Est, à l’Académie Internationale de Géopolitique. Chargé de recherche au Centre Français de Recherches sur le Renseignement

(NB: Notes, sources et références sur le billet original: ICI)



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