mercredi 22 octobre 2014

Que reste-t-il de la Bastille ?



Ah quelle était belle (poire) cette gauche le soir du 6 mai 2012. Il y avait de la joie, du bonheur, des rires, des chants, peu de drapeaux bleu-blanc-rouge, de l'espoir et des envies de maroquins, une géante communion, des pots de caviar que l'on ouvrait avec les dents, la bière qui fusait, le champagne qui coulait à flot : François Hollande avait gagné, la gauche avait gagné, la France avait vaincu le mal. Waouh, putain qu'ils avaient l'air tous heureux, les gauchistes ! Oubliées les primaires socialistes, Aubry avait fait la bise à François. Hamon, Assouline, Filippetti et Désir en faisaient dans leurs pantalons. Mélenchon avait appelé à voter sans conditions pour "une fraise des bois". Bayrou aussi demandait à embrasser "la gauche molle". Même La Marine y avait été de son soutien pour celui qui avait laissé, dit-on, "les chiottes du PS bouchées". Il n'y avait plus "de flou, plus de loup", ils étaient victorieux ! Pour un peu, nous les droitards, on les aurait envié si ce n'est cette petite dose de lucidité en plus que nous avons bien implantée, là où il faut.

Ils étaient grisés par la victoire, ivres d'un succès qui n'était pas tout à fait le leur. La petite gauche avait bu du petit lait en écoutant Hollande discourir au Bourget; les autres, les moins cons, avaient fait fi de toutes ces promesses démagos, seuls comptaient les palais nationaux dont les portes ne tarderaient à s'ouvrir en grand pour les accueillir: ministres, secrétaires d'Etat, députés, sénateurs. Ils s'y voyaient déjà; limousines, chauffeurs et petits ou gros privilèges que la République réserve aux vainqueurs. Peu importaient les trahisons, les fondamentaux, les convictions de gauche et les belles promesses: ils seraient enfin dans la place. Pour quoi faire ? On verrait "plus tard". En attendant, ils dansaient à la Bastille, chantaient et s'embrassaient sur l'estrade: Tous ensemble, tous ensemble !

Deux ans et demi plus tard que reste-t-il de cette fête ? Des serpentins jaunis dans les caniveaux, des confettis pisseux qui traînent encore ? Sans doute pas puisqu'il ne reste plus rien de ce Tous ensemble.

Il y eu Cahuzac, il y eu Morelle, il y a encore Thévenoud, Andrieux et Guérini. La "gauche morale " a explosé en vol. Président n'est plus une fraise des bois, c'est bien pire aujourd'hui: avec son Premier, et la politique conduite, "Ils menacent la République. Ils réduisent les capacités de la puissance publique et mènent le pays vers un immense désastre démocratique" (Benoit Hamon). Les rangs des Frondeurs s'épaississent à chaque nouveau vote à l'Assemblée. Filippetti "n'a de leçons à recevoir de personne" et certainement pas du premier secrétaire du parti socialiste auquel elle appartient encore. La bourgeoise de Lille, Aubry, en appelle à des changements de politique puisque depuis deux ans "on a tout faux". Montebourg est rentré à Frangy, marre qu'il en avait de "jouer la comédie" et de se faire entuber. Mélenchon et ses troupes vomissent le virage social-libéral de Président et offrent "l'asile politique" aux socialistes qui parlent trop. Cambadélis est inquiet et le dit avec toute la morgue dont il est capable: "Si le PS ne se reprend pas (...) nous serons rayés de l'histoire", il n'ose même plus mettre une majuscule à cette "histoire commune". Il en appelle à des états généraux du parti socialiste quand Manuel Valls, tout juste fait Commandeur de l'Ordre National du Mérite, annonce vouloir en finir avec l'appellation "PS", refuse de prononcer le mot "socialiste", en appelle à créer la "maison commune des progressistes" et vitupère "la gauche passéiste". La looseuse du Poitou n'en fait qu'à sa tête quand Filoche perd la sienne. Au PS, Les inimitiés resurgissent au grand jour à tel point que les heures les plus sombres du congrès de 2008 apparaissent avec le recul comme une péripétie comparées aux affres qui se dessinent pour celui de l'année prochaine. Le Président des sans-dents et des Français n'est plus que l'ombre de lui-même: Ils étaient 51% à l'avoir conduit au Château, ils sont 86% à ne plus vouloir qu'il se représente. Sur le radeau, ils ne sont plus que quelques affidés à tutoyer les méduses sans oser toutefois descendre dans le marigot d'une gauche en décomposition. Les leaders socialistes ont trahi la base et le pays, la base et le pays se pincent le nez et font la grimace. Cocus mais pas contents. La colère gronde de toutes parts. Les prochains scrutins s'annoncent comme de véritables branlées pour les socialistes. Ainsi ils récolteront ce pourquoi ils avaient labouré à l'automne 2011 et semé au printemps 2012: une incroyable escroquerie, une phénoménale entourloupe.

Et pas un pour rattraper l'autre: la base se sera fait berner, tant pis pour elle, elle n'avait qu'à pas être aussi crédule. Les caciques et autres z'élites socialistes auront entubé la base et les ralliés de la dernière heure, tant pis pour eux, on ne ment pas impunément. Oubliés les flonflons du 6 mai, fini le pain blanc, les socialistes sont au bord de l'implosion. Et c'est très bien ainsi, ras le bol des escrocs et des progressistes.

La vraie gauche s'en trouvera renforcée, l'UMP est en passe de faire peau neuve, le FN est en pleine érection et les socialistes, si tant est que cette appellation ait encore le moindre sens, en plein naufrage. Normal ! Président aura foiré sur toute la ligne.

Que reste-t-il du 6 mai 2012 ? A peu près rien.

Folie passagère 2507.
Image du Blog pauvrefrance.centerblog.net
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr
( gif animé réalisé par Pauvre France)

mardi 21 octobre 2014

Ainsi va la vie en Socialie... (12)


- M. de Margerie est mort. Paix à son âme. Gérard Filoche, membre du bureau national du parti socialiste et inspecteur du travail, a pensé que l'occasion était bonne pour traiter le feu patron de Total de "voleur" et de "suceur de sang". Manuel Valls, d'un coup de menton, a estimé cet après-midi dans l'hémicycle que Filoche, avec de tels propos, n'avait pas à rester au parti socialiste. Sera-t-il écouté ? Son autorité aura-t-elle du poids au PS ? On peut en douter. Lui et Président avaient dit clairement que Thomas Thévenoud ne pouvait pas rester député. Il est toujours député et continue d'encaisser ses indemnités. Que penser de l'autorité des deux plus importants personnages de l'Etat ? Ben pas grand chose puisqu'un simple député et un simple inspecteur du travail s'en foutent.

- Macron et Sapin sont partis à Berlin. Officiellement pour parler de croissance, officieusement pour négocier la clémence de l'Allemagne sur le budget français. Macron proposait même un deal: "Nous, on fait 50 milliards d'économies et vous, vous faites un geste (dixit), vous injectez 50 milliards dans l'économie". Les Allemands ont rigolé. Macron et Sapin partaient à Berlin les poches vides, ils sont revenus... les poches toutes aussi vides. Le Frankfurt Allgemeine Zeitung a saisi l'occasion pour écrire en première page: "Le gouvernement français est tellement affaibli que quasiment plus personne ne croit en ses promesses. Et on peut se demander si François Hollande est celui qui peut redresser la barre." Quant à Sapin, il se félicite " du climat de confiance qui règne entre les deux pays" et Macron de rajouter sur twitter: " En Allemagne, nous avons obtenu un vrai résultat"...

- Valeurs Actuelles écrit que les deux journalistes du Monde, Davet et Lhomme, recevraient directement de l'Elysée et de la Chancellerie des informations pouvant nuire à Sarkozy. Les deux journalistes, toujours en pointe dans la lutte anti-Sarkozy, s'en défendent. Ils investiguent "seuls". Marrant aujourd'hui, Le Monde sort un article visant Balkany (une sacrée vérole au demeurant) - et comme chacun sait, taper sur Balkany, c'est taper sur Sarkozy - article dans lequel on peut lire:"Le Monde a ainsi eu accès à trois notes, datées des 2 mai, 9 juillet et 27 septembre, émanant de Tracfin, l'organisme anti-blanchiment de Bercy." Faudra qu'on m'explique comment ces deux lascars ont pu avoir "accès à 3 notes" provenant d'un des lieux de justice les mieux protégés de France...

- C'est nouveau, c'est petit, stupide, très cour d'école: un blogueur de gauche dit d'un blogueur de droite, Pierre Parillo, qu'il est " fini à l'urine".

- Apple annonce des bénéfices records: 39 milliards de dollars. Et tout ça grâce à ses produits Iphone, pour l'essentiel fabriqués en Asie. J'aimerai savoir combien de contempteurs de la mondialisation et de la finance, des gars et filles façon Montebourg ou Besancenot, possèdent un Iphone...

- Une journaliste disait, les yeux brillants devant tant de puissance déployée, que l'aviation française avait procédé à trois frappes en Irak, frappes qui avaient détruit... 2 pick-ups djihadistes. Ça fait cher la destruction d'un simple 4x4... Le général de Villiers, chef d'état major des armées, lui répond indirectement aujourd'hui. Parlant de l'état de nos armées, il déclare: "On en a fini avec le gras, on s'attaque maintenant aux muscles...".

- Ce sont les vacances de la Toussaint. Si vous ne savez pas comment occuper vos enfants ou petits-enfants, la Socialie a pensé pour vous; vous pouvez toujours les amener se culturer à l'exposition sur le marquis de Sade, à celle sur le Zizi sexuel ou bien encore pour ceux qui auraient loupé "le plug" à celle de Mc Carthy à l'Hotel de la Monnaie.

- Je suis effaré du nombre de gens qui considèrent Mc Carthy comme un artiste. Qu'il soit considéré comme le roi de la scatologie, le prince du pipi-caca, l'artisan du glauque et du scabreux, je veux bien, mais comme artiste, non.

- Martine Aubry a parlé. Elle a dit, pour qui sait traduire ses propos, que Président avait depuis son élection tout faux. Au moins a-t-elle, pour une socialiste, de la constance puisqu'elle n'a jamais cessé de répéter que Hollande était nul.

- Aussi efficace que la police de Sarkozy, la police de Président continue de raser des camps de Roms. Dernier en date, celui de Bobigny aujourd'hui: entre 200 et 400 occupants expulsés. Quand on se souvient comment les socialistes critiquaient ces expulsions du temps de Sarkozy, ils osèrent même les grands classiques: rafles , fascisme... président lui-même décalrait à propos de la fameuse circulaire Guéant: "Cette circulaire, elle est à la fois immorale et illégale. Elle est immorale, parce qu’une communauté est stigmatisée en tant que telle et elle est illégale, parce que c’est une discrimination en infraction avec la Convention européenne des droits de l’homme."

- Président a inauguré en grandes pompes le vaisseau Arnault. La finance n'est plus une adversaire lorsqu'elle se permet de dépenser 100 millions pour construire un nouveau musée.

- Président qui n'est jamais à une bourde près a dit avoir des informations sur la libération "prochaine et effective" des jeunes filles enlevées par Boko Haram. Il s'est rectifié un pêu plus tard en expliquant que "pour l'instant, nous n'avons pas encore confirmation qu'elles ont été libérées, mais l'engagement a été pris." L'engagement a été pris... On attend toujours. Et puis un "engagement pris " par Boko Haram, hein...

- 86% des Français ne veulent pas que Président se représente en 2017. Ce qui laisse supposer qu'il y a tout de même 14% d'abrutis et le pire, c'est que j'en connais quelques uns... Seuls 21% des Français souhaitent que Valls se présente si Président n'y va pas. Le moins que l'on puisse dire c'est que nos pieds nickelés n'ont pas la cote. Bourdes à répétition et promesses non tenues pour l'un, coups de menton dans l'eau pour l'autre, les Français moins veaux qu'on le dit ?

Allez, sur ce bonne soirée à tous, même en Socialie !

Folie passagère 2506.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

lundi 20 octobre 2014

Stop à l'invasion et omerta médiatique

Précédemment, je vous donnais l'occasion de lire " Je hais les journalistes..." et bien maintenant je vais vous prouver que, quand ils le veulent, ces pisse-copies savent parfaitement occulter ce dont ils ne veulent pas que l'on parle. La question reste de savoir si cela se fait, ou non, avec l'assentiment voire les encouragements des autorités. Pour cela deux exemples...


Vous avez tous plus ou moins entendu parler de ce qui se passe à Hong Kong. Nous en avons eu le son et les images dans absolument tous les journaux, écrits ou télévisés. Il faut dire que tous ces jeunes gens qui, armés ou protégés d'un parapluie, manifestent contre cet affreux régime communiste chinois et luttent pour plus de démocratie, ça en jette. C'est beau, c'est jeune, c'est je chéris ton nom liberté et ça fait de belles images. Pas vrai ? Alors, comme l'histoire vous intéresse et que vous voulez en savoir plus, vous allez sur google et vous tapez: manifestation Hong Kong, révolte des parapluies ou bien encore OccupyGrandCentral ou tout simplement Hong Kong. Et là, notre moteur de recherche sans qui nous ne serions rien déroule le tapis rouge à toute la presse et aux médias télés. Ils ont tous leurs articles ou reportages en bonne position. Le Figaro, Libé, Le Parisien, le Monde et consorts, mais aussi TF1 ou France2, ont tous pondu un ou des dizaines d'articles sur le sujet, preuve s'il en est qu'ils ont été intéressés et qu'ils ont voulu vous informer. Vous pouvez vérifier.

Maintenant, vous prenez un autre événement et vous refaites l'expérience... Je l'ai fait.


Une manifestation en Italie qui rassemble un samedi plus de 100 000 personnes dans les rues de Milan, à moins de deux heures d'avion de Paris, ce n'est pas courant. Cela peut en intéresser plus d'un, moi par exemple. Surtout si l'on sait que cette manifestation n'avait qu'un seul et unique thème: Dire non à l'immigration de masse et Stop Invasione ! Les Italiens, au moins 100 000 d'entre eux, descendent dans la rue pour dire l'immigration, ça suffit, voilà qui aurait de quoi réveiller notre attention. Ils en ont marre des clandestins qui débarquent par bateaux entiers, ras le bol de tous ces immigrés qui s'éparpillent à peine débarqués dans tous le pays, marre du pognon que ça leur coûte, marre qu'on leur pique leur boulot, marre, marre; mare de Mare Nostrum, alors ils le disent: ça suffit, basta ! Va fanculo ! Stop ! J'en entends vaguement parler de cette manif alors j'ai envie d'en savoir plus, normal...

Je vais donc sur google et je tape: "Manifestation Italie immigration"  et là à ma grande surprise, pas de Figaro, pas de Libé, pas de Le Monde, pas de vidéos TF1 ! Etrange, non ? Tout juste un article du Parisien qui parle d'une manif ayant rassemblé 2 000 personnes à Lampedusa en... 2009. Tout juste trois lignes d'un journal suisse. Alors je tourntourne les pages, comme disait Ribery à propos d'une roue, et toujours rien, juste un communiqué du Front National,  un article de Novopress et un autre de Euro-Jihad, ce qui, vous en conviendrez, est loin de représenter les médias français. Alors j'essaie autre chose, je tape " Manifestation Milan immigration " puis "Stop invasione", même punition, même désert. Devrais-je donc me contenter de Novopresss, du FN ou de Riposte Laïque pour savoir ce qui s'est passé à Milan, samedi dernier ? Il faut croire que oui.

Une fois le constat fait de l'ignorance dans laquelle nos médias nationaux nous ont tenu sur cet événement, on pourra de se demander pourquoi ils n'ont pas souhaité nous en parler, pourquoi ils n'ont pas voulu nous informer, rôle qui normalement leur est dévolu. Peut-être bien parce que c'est la Ligue du Nord, cousin transalpin du FN, qui a organisé avec succès le truc. Peut-être bien parce qu'il n'y a eu aucun débordements (si ce n'est à l'autre bout de la ville à l'occasion d'une contre-manif organisée par l'extrême gauche) ? Peut-être pour que l'on ne puisse pas découvrir que nos concitoyens européens osent dire tout haut ce que de nombreux français pensent tous bas ? Peut-être pour que l'on ne puisse pas se dire: "et si nous aussi on descendait dans la rue pour dire stop à l'invasion " ? Peut-être pour ne pas faire circuler l'idée que ici aussi c'est possible ? Peut-être par peur que, organisée en France, une telle manifestation ait autant de succès sinon plus qu'en Italie ? Peut-être par peur de voir la réalité du "Y en a marre " en face ?

Imaginez, ne serait-ce qu'un instant, qu'une telle manifestation ouvertement anti-immigration/anti-immigrés rassemblant plus de 100 000 personnes soit organisée en France... Imaginez ne serait-ce qu'un instant qu'elle soit autorisée, ce qui n'est pas acquis, oui imaginez le choc que cela serait pour toutes nos z'élites médiatico-politiques confortablement installées dans les palais nationaux ou dans de bons gros fauteuils de voir que les beaux discours et le Vivre Ensemble ne sont plus de mise ni de nature à calmer les ardeurs identitaires... Imaginez un seul instant qu'à la vue de ce qui s'est passé samedi à Milan, un parti politique ait enfin les coucougnettes de dire: Allez, tous dans la rue pour dire non ! Oui, je sais et c'est peut-être bien là le problème: c'est qu'aucun parti politique, je dis bien aucun, en France, n'osera dire: stop à l'invasion !

Folie passagère 2505.
stop invasione 2
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

dimanche 19 octobre 2014

Je hais les journalistes


Ce texte - un peu long mais quel régal - n'est pas de moi, il est d'un blogueur que l'on m'a recommandé; j'aurais juste aimé l'écrire...

" Je hais les journalistes. Je leur voue une exécration sans limite. Je ne comprends même pas comment on peut ne pas haïr les journalistes. Comment on peut prononcer ce mot — « journaliste » — sans être parcouru d'un frémissement de dégoût. Ou plutôt si, je le comprends trop bien. C’est même précisément pour ça que j’écris ce texte. 

Bien sûr, on m’objectera que la haine n’est pas un sentiment noble. Qu’elle ne mène à rien. Quelques moutons bêleront même doctement que la haine du journalisme est un marqueur d’extrême-droite. Un signe incontestable de fascisme. Qu’ils aillent expliquer ça à Oscar Wilde, pour qui « le journalisme justifie son existence par le grand principe darwinien de la survie du plus vulgaire » et les journalistes, ces « plumes consciencieuses d’illettrés », ont pour seule fonction de crétiniser et d’avilir les masses (preuve, au passage, que la perception du journalisme comme nuisance majeure ne date pas d’hier, du moins chez les esprits éclairés). Qu’ils aillent expliquer ça à Henri Béraud, qui écrivait que « le journalisme est un métier où l’on passe la moitié de sa vie à parler de ce qu’on ne connaît pas, et l’autre moitié à taire ce que l’on sait ». Qu’ils aillent expliquer ça au général de Gaulle, qui trouvait « impossible d’imaginer une pareille bassesse » que celle des journalistes, et déclarait : « le jour où Le Figaro et l’Immonde [c’est le petit nom qu’il donnait au quotidien de déférence] me soutiendraient, je considèrerais que c’est une catastrophe nationale ». Ces imputations de fascisme sont évidemment pitoyables ; elles procèdent toujours de la même « stratégie » de défense (initiée par nos amis les communistes voilà plus de 80 ans — mais les journalistes, ces grands novateurs, ne s’en lassent pas), cette technique éculée consistant à fasciser ses contradicteurs dans l’espoir de disqualifier d’avance leurs propos et, surtout, de ne pas avoir à les combattre sur le terrain des arguments. 

Je disais donc que je vomissais les journalistes. Bien sûr, pas à titre personnel. Je ne vise aucun journaliste en particulier. Il ne me viendrait pas à l’idée, par exemple, d’appeler à frapper un ou des journalistes. Pour quoi faire, d’ailleurs ? Quel intérêt ? Un journaliste mérite-t-il une telle dépense d’énergie ? Et puis surtout, ce serait trop cruel : le sort où les journalistes sont placés est déjà bien assez horrible. Pas la peine d’en rajouter : leur existence est leur châtiment. Ils sont leur enfer à eux-mêmes. Cette existence de servilité, de lâcheté sans limite, d’avalages continus de chapeaux, d’abdication de toute pensée personnelle au profit de la ligne de leur torche-pétard, ce rabougrissement intellectuel sans fin, cette ruine du discernement par les conditionnements idéologiques, cette anesthésie du sens critique dans la torpeur de l’entre-soi, quelle punition ! Quelle existence de rampant que cette succession de fourberies, de désinformations, de diffamations, de chasses à l’homme ! Quelle fierté peut-on tirer d’une telle « vie » ? Quelle satisfaction peut-on éprouver, sur son lit de mort, après avoir accumulé une somme si vertigineuse de nuisances ? Après avoir collaboré aux plus coupables travestissements de la réalité, relayé les plus répugnantes propagandes, propagé les plus odieuses calomnies sur ceux qui disaient la vérité ? Comment se sent-on, après une telle existence de larbin du système ? Après une telledépersonnalisation ; après un tel renoncement à sa personnalité pour servir les idéologies les plus toxiques ? Quelle sensation cela fait-il, d’avoir été le porte-voix des propagandes les plus abjectes, des entreprises d’endoctrinement les plus vicieuses, des plus pervers projets d’organisation de l’ignorance et du crétinisme des masses ? D’avoir été un bon petit enfumeur, un bon petit endoctrineur ? D’avoir assuré son confort matériel en cumulant les primes au mensonge ? 

Bien sûr, tous les journalistes ne sont pas comme ça. Attention à ne pas généraliser. Pas d’amalgame, comme dirait l’autre. D’ailleurs, j’en connais des très biens. Des individualités qui se distinguent. Des qui ne sont pas nuisibles. J’en connais même des utiles. Mais enfin, il faut bien reconnaître que la secte journalistique les déteste — elle qui passe sont temps à exalter la diversité, à fustiger le repli sur soi et à enseigner la tolérance. Quand je dis « journalistes », ce n’est donc pas de tous les journalistes que je parle, loin s’en faut, mais précisément de cette secte, de cette petite caste hargneuse et arrogante dont le rôle essentiel, si l’on peut dire, est de servir de courroie de transmission aux plus infâmes propagandes, de pilonner les cervelets contemporains de contrevérités fausses à hurler, de truffer les esprits de lieux communs mensongers, d’escamoter des pans entiers de la réalité ; bref, d’uniformiser les masses dans l’ignorance et la sottise. 

Je parle de ces archétypes du conformisme, de ces incarnations du formatage idéologique ; je parle de ces clones incapables de « penser » autrement qu’en troupeau et d’émettre sur leur époque autre chose que la critique scolaire, aseptique et inopérante de leur bréviaire journalistique. Je parle de ces dévots du Progressisme chargés d’en diffuser le catéchisme et de s’assurer que tout le monde le récite bien docilement. Je parle de ces agents zélés du terrorisme intellectuel qui, en fustigeant toute observation, toute idée, tout propos non conformes à leurs diktats, tétanisent la pensée et rendent impossible l’accès à un début de clairvoyance sur l’époque. Je parle de ces sosies embourbés dans leurs concepts obsolètes et refusant que des individus choisissent de penser autrement qu’eux, de ne pas utiliser leurs étiquettes pour décrire le monde et de recourir, pour s’expliquer l’époque, à une autre terminologie que leur langage de morts-vivants. Je parle de ces petits tyrans qui voient d’un très mauvais œil toute attitude qui diffère de leur servitude (comprenons-les : les rares réfractaires au dressage agissent comme un miroir inversé de ces éternels soumis ; ils les renvoient à leur servitude, à leur bassesse, d’où leur fureur). Je parle de ces Tartuffe qui glorifient la diversité mais insultent tous ceux qui ne pensent pas comme eux ; de ces champions du « pas d’amalgame » qui fascisent à tour de bras ; de ces philanthropes de salon qui se décrètent ouverts d’esprit mais tournent colériques, hargneux, tout frémissants de haine à la moindre contradiction. 

Je parle de ces ennemis de la vérité et de la liberté. 

La liste de leurs méfaits est infinie. Mais peu de gens les connaissent. Pourquoi ? Eh bien c’est simple, quand on y réfléchit : les journalistes ont une force, un avantage irrésistibles : ils ont le monopole du récit du monde. Ce sont eux, et eux seuls, qui racontent l’époque. Ce sont eux qui décident de ce qu’il faut dire, ne pas dire, de ce qu’il faut occulter, de ce qu’il faut marteler. L’immense majorité des gens ne connaissent en effet du monde que ce que les médias en disent ; ils ne savent que ce que les médias leur laissent savoir. Aucune curiosité, aucune envie d’en savoir plus ne les anime. Ils ne lisent pas, ils ignorent l’Histoire, ils ne savent pas qu’il existe un monde en dehors des débats politico-médiatiques — le degré zéro de l’observation et de l’analyse. Les médias sont leur seul référent, et cela leur suffit bien ; ils choisissent donc de leur faire confiance, cette forme sournoise de la paresse… 

Rien de plus facile, dans ces conditions, que d’organiser l’ignorance de ses nuisances, et de plonger dans l’oubli ses méfaits passés. D’autant plus que les gens ne demandent que ça, d’oublier, d’avoir l’esprit léger, de ne pas se prendre la tête, n’est-ce pas, de ne pas s’encombrer l’esprit de vérités terrifiantes qui les sortiraient de leur agréable routine d’approbation bovine. Ainsi tout le monde est content : les journalistes conservent leur crédibilité, et les gens s’épargnent l’effort d’exercer leur mémoire et leur esprit critique. 

C’est ainsi qu’on entend des hordes infinies de couillons ânonner que Le Monde, quotidien idéologisé jusqu’au trognon, « est un journal neutre, impartial, objectif », et se nourrir chaque jour de sa prose diarrhéique en la prenant pour parole d’évangile. 

Il serait pourtant instructif de se souvenir des complaisances répétées du Monde pour le communisme (l’idéologie la plus criminelle du XXème siècle, et de loin, quoi qu’en disent les négationnistes autorisés). De rappeler que ce journal assimilait Soljenitsyne décrivant l’abomination communiste aux collaborateurs « qui accueillaient les nazis en libérateurs ». De signaler que ce grand quotidien neutre et indépendant paraphrasait les communiqués russes pendant le blocus soviétique de Berlin. Qui se souvient que le correspondant duMonde en Chine frétillait d’allégresse quand il évoquait la Révolution Culturelle de Mao (ce qui valut au quotidien de révérence ce joli surnom : « Le Monde, principal quotidien maoïste paraissant hors de Chine ») ? 

Plus récemment, que n’a-t-on entendu comme contrevérités sur les si mal-nommés « printemps arabes » ? Pourquoi, au lieu d’un examen rationnel et lucide des acteurs en présence, nos grands médias nous inondèrent-ils d’un charabia lyrique, d’un éloge grandiloquent de la révolution relevant du puérilisme le plus intense ? Pourquoi enrobèrent-ils les évènements d’un brouillard lyrique, de vagues envolées poétiques sur la beauté de la Rébellion, sur le Peuple qui se soulève toujours pour son bien, sur la sacro-sainte Démocratie en marche, sur les Droits de l’Homme qui avancent, et tout ce pathos vaporeux ? 

Pourquoi, au lieu d’une présentation objective des faits, cette déferlante d’enthousiasme niais et d’utopisme infantile, qui noya les mises en garde des observateurs avisés ? Lesquels prévenaient que dans leur principe même, ces prétendus « printemps arabes » étaient voués à tourner à l’hiver islamiste. Mais personne ne voulait les entendre… Ou plutôt, personne ne pouvait les entendre. Il ne fallait surtout pas inviter ces rabat-joie, il ne fallait pas les laisser gâcher la fête des bons sentiments, le festival des illusions, le grand moment d’ivresse droit-de-l’hommiste orchestré en sous-main par DJ Djihad. Et tant pis si maintenant, la gueule de bois n’est pas près de passer… 

On se dit quand même qu’il eût été utile que les médias opposent quelques faits aux délires libyens de Saint Bernard-Henri et de son disciple Sarkozy. On eût aimé qu’ils relaient ce que tous les géopoliticiens hurlaient dans le désert, à savoir que la chute de Kadhafi — nonobstant l’antipathie que ce personnage suscite légitimement — ferait sauter tous les verrous de la barbarie, ouvrirait la voie à un déchaînement de sauvagerie sans précédent et aux torrents de sang qui, hélas, ne manquent pas de se répandre aujourd’hui. Et on souhaiterait, maintenant, qu’ils nous prouvent que l’information est leur vocation en nous expliquant par le menu ce qui se passe là-bas — et qu’ils ont approuvé, soit par leurs applaudissements, soit par leur silence complice. Qu’ils nous décrivent dans le détail le paradis que nous promettait le grand visionnaire BHL ; qu’ils nous racontent ces viols, ces décapitations, ces égorgements quotidiens ; qu’ils évoquent le lynchage des Noirs et le supplice des minorités. 

On se demande quand même où est passé l’humanisme de ces belles âmes, qui n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger l’autoritarisme de Kadhafi, mais n’évoquent qu’à demi-mots les atrocités que commettent les milices sanguinaires qui terrorisent le pays, et font de la Libye un enfer (auprès duquel l’ère Kadhafi ressemble rétrospectivement au monde des Bisounours). Pourquoi, si volubiles quand il s’agissait de dénigrer Kadhafi pour justifier l’erreur monumentale de sa destitution, sont-ils subitement si laconiques ? Pourquoi tant de pudeurs ? 

On observe un phénomène étrangement analogue en Syrie, où Bachar el-Assad est présenté par nos médias impartiaux (la propagande, c’est toujours chez les autres) comme un monstre absolu, tandis que les exactions perpétrées par les « rebelles » sont occultées le plus possible et, quand il n’est vraiment plus possible de les nier, édulcorées, euphémisées, présentées comme le fait de « quelques extrémistes » évidemment non représentatifs, puisqu’on vous le dit. Pourquoi, alors qu’on ne cesse de nous parler avec horreur des armes chimiques du régime, n’évoque-t-on pas les exploits de ces émouvants rebelles, de ces sympathiques Jean Valjean moyen-orientaux qui s’amusent à dévorer le foie de leurs ennemis ? Qui relate les tortures ahurissantes de cruauté que subissent les Chrétiens ? Qui parle de ces Chrétiens crucifiés ? Et puis, assez étrangement, on n’entend pas beaucoup évoquer ce projet de pipeline que les Etats-Unis souhaitent faire passer par la Syrie, et auquel s’oppose el-Assad… 

Plus près de nous — beaucoup plus qu’on ne le croit — il est une réalité dont peu de Français ont connaissance. Une réalité enfouie sous d’immenses couches de propagande, elles-mêmes enveloppées d’épais rideaux de fumée, et gardées par de redoutables colleurs d’étiquettes. Une réalité dont il est formellement interdit de parler, sous peine de mort sociale : les colleurs d’étiquettes veillent, et ils sont enragés : raciste, fasciste, néofasciste, nauséabond, intolérant, islamhomophobe, voilà la mitraille d’injures qu’ils réservent à quiconque ose effleurer le sujet. Game over. 

Il est pourtant important, ce sujet. Il est capital. Il n’y a peut-être pas de sujet plus important (hormis bien sûr celui qui le sous-tend, à savoir la déroute de la civilisation européenne). Ceux qui sont en position de le faire connaître — journalistes, politiques, acteurs du débat public — et non seulement s’y refusent, mais insultent ceux qui ont le courage de braver leur loi du silence, auront une responsabilité historique dans les horreurs qui résulteront de leurs mensonges. De leurs silences. C’est en effet un silence de mort qui entoure la vie dans les « quartiers ». Bien sûr, tout le monde, même le plus formaté des bobos, évite instinctivement ces quartiers ; mais tout le monde, surtout le plus formaté des bobos, soutient également qu’il n’y a pas de réel problème dans ces quartiers. Il faut dire qu’il est difficile de faire autrement, d’une part en raison des chantages au fascisme évoqués plus haut, d’autre part à cause de l’interdit de représentation qui régit les médias officiels sur le sujet. 

Ainsi, combien de petits marquis parisiens savent qu’à moins de dix kilomètres du restaurant bio et équitable où ils récitent, Libé en main, que l’immigration est une chance pour la France, le communautarisme un fantasme d’extrême-droite et l’insécurité une fable de vieux réac paranoïaque, des jeunes filles tournent toute la nuit dans des caves ou des locaux à poubelles après s’être fait casser le nez et les côtes ? Croient-ils qu’un problème cesse d’exister parce que les journaux n’en parlent plus ? Ces perroquets des médias ont-ils conscience que pendant qu’ils lèvent un toast à la Diversité, des blancs se font tabasser aux cris de « Bâtard, sale blanc, sale Français de merde. On va te brûler et violer ta salope de mère. » Comprennent-ils que quand Le Figaro écrit « Paul-Louis, 18 ans, déjà connu des services de police pour 22 faits de violence, est soupçonné d’avoir énucléé puis carbonisé une jeune fille de 17 ans qui refusait ses avances », le délinquant ne s’appelle pas vraiment Paul-Louis ? Savent-ils que pendant qu’ils s’extasient sur les merveilles de l’immigration massive et du multiculturalisme, des quartiers tombent sous la coupe de musulmans rigoristes, pas vraiment en pointe dans la sacro-sainte lutte contre les violences faites aux femmes, dans la déconstruction des stéréotypes sexistes, ni tout à fait gay-friendly ? Mais chut, il ne faut pas le dire, car ça fait le jeu du FN... Et ça, alors, vous comprenez, c’est vraiment odieux, de faire le jeu du FN. Il faut vraiment être sans cœur, hein, il faut vraiment être cynique, pour faire le jeu du FN… Parce que le vrai danger, ce n’est pas la fragmentation communautariste de la société, ce n’est pas la défiance croissante que se témoignent différentes fractions de la collectivité, ce n’est pas la barbarie qui monte, ce n’est pas l’effondrement de la civilisation. Non. C’est de faire le jeu du FN. Nos philanthropes assermentés et leurs laquais comprendront un jour, mais trop tard, toujours trop tard — c’est leur caractéristique, d’avoir toujours un combat de retard — que leur déni de réalité fait surtout le jeu des pires barbares. Une fois que le cauchemar se sera étendu, irréversible — car il faut être fou pour croire qu’il restera éternellement circonscrit aux « cités » — ils comprendront. Mais, répétons-le, il sera trop tard… 

Cela dit, leur pire nuisance, c’est encore dans la vie intime des gens que ces faussaires l’exercent. Car ce n’est pas assez, pour eux, de couvrir les abominations passées, présentes et à venir ; ce n’est pas assez de tromper les gens, de leur mentir, de les culpabiliser odieusement s’ils osent utiliser leur propres yeux — et non les lunettes médiatiques — pour regarder le monde ; ce n’est pas assez de les obnubiler sur de faux enjeux, et de leur imposer un langage, des concepts, des grilles d’analyse impuissants à expliquer le monde ; ce n’est pas assez de les maintenir dans l’ignorance crasse, les préjugés grotesques et le chaos mental ; il faut encore que leurs relations les plus intimes soient infectées par le mensonge. 

Combien de familles divisées, en effet, combien d’amitiés aigries, envenimées, dissoutes par les mensonges médiatiques ? Combien de carrières entravées, de réputations ruinées à cause de la vision caricaturale que propagent les médias ? L’oncle qui vote FN, ce facho, et qu’on n’invite donc plus aux repas — bah oui : il est intolérant — sinon pour se le faire. L’ami d’enfance à qui on ne parle plus depuis qu’il s’est déclaré opposé au mariage homosexuel (via une controverse de haut vol sur Facebook ou Twitter), révélant ainsi son indéniable homophobie. Le collègue un peu louche, à surveiller, qui fait une drôle de tronche quand on lui vante les bienfaits de l’immigration… Et cet autre, alors, qui critique l’euro, comme Marine Le Pen, tu te rends compte?!! (alors que l’euro nous protège, on le sait bien, on ne sait pas pourquoi mais on le sait bien) Et je ne parle pas l’autre excité, un vraiment gratiné celui-là, qu’on a entendu à la machine à café critiquer l’islamisation de certains quartiers. Un vrai discours nauséabond, quoi. L’intolérance dans toute son horreur. L’archétype de l’immonde repli sur soi. Bref, un facho doublé d’un raciste. Et vice-versa. 

Combien de médisances, combien de personnes salies, humiliées, rentrées dans des cases infamantes par la masse des crédules qui reprend à son compte les caricatures des médias ? Combien de relations brisées à cause de l’adhésion servile au credo médiatique ? Combien de controverses hargneuses, de sottes criailleries, combien de brouilles et de ruptures pourraient être évitées si les journalistes faisaient leur travail, à savoir informer ? Et non pas militer, donc occulter et falsifier ? Ainsi la lucidité ne passerait plus pour de la folie ; ceux qui décrivent le réel ne seraient plus tenus pour de grands dérangés, tandis que les idéologues, les sophistes et les enfumeurs seraient traités avec le mépris qu’il méritent. L’exact inverse de ce qui se passe aujourd’hui. 

Qu’on mesure bien la situation, en effet : une petite caste d’idéologues gâteux, uniformisés jusqu’à la moelle, cherche à imposer ses délires à toute une population. De leur salle de rédaction, ces sosies décrètent ce qu’il faut dire, penser, et même ce qu’il faut voir. Rien ne doit dépasser : il faut que tout le monde souscrive à leurs analyses miteuses et à leurs critiques ignorantes, se prosterne devant leurs idoles en carton et leurs experts appointés, récite leur catéchisme ringard et leurs poncifs éculés. Toute attitude distanciée, critique, un tant soit peu libre par rapport à leurs dogmes les horripile, et déclenche en eux des réactions d’une violence inouïe. Ils sacrifient les mal-pensants sur l’autel de leur Tolérance, conspuent les non-alignés tout en clamant leur amour de la Diversité, rejettent les sceptiques en condamnant le rejet de l’Autre. Ils ne reculent devant aucune méthode pour rééduquer les masses : mensonges, chantages, intimidations, menaces. Rien, pas même de semer la zizanie dans la sphère privée des gens, ne saurait les faire renoncer à leurs projets d’endoctrinement. Ils feront tout ce qui en leur pouvoir — lequel est colossal — pour refiler leur sectarisme et leur confusion mentale à un maximum de personnes. 

Il est donc urgent de les dénoncer ; plus que jamais, il importe de les montrer en pleine lumière, de démasquer leurs impostures, de faire savoir de quelles exactions ils se sont rendu complices. Surtout, il faut de toute urgence envoyer paître ces flics médiatiques et leurs intimidations ridicules ; opposer une indifférence de fer à leurs menaces et à leurs chantages. Se dépêtrer de leurs grilles d’analyse obsolètes et de leurs débats retardataires ; cesser de regarder le monde avec les lunettes médiatiques. Remettre en question le langage des perroquets des médias, systématiquement et inlassablement. Refuser d'utiliser leurs concepts morts pour décrire le monde ; s'élever au-dessus des enjeux politiques et médiatiques pour enfin parler du réel. C’est un effort permanent, mais c’est la seule façon d’espérer accéder à une compréhension lucide de l’époque. La vérité, et la liberté, sont à ce prix."





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