Comment " dédramatiser " le problème de la PMA ?
On se souvient que la PMA et la GPA ont empoisonné le pseudo débat sur le mariage pour tous. Après les hésitations et atermoiements de départ, le gouvernement l'assura, ni l'une, ni l'autre ne figureront dans la loi Taubira. Le gouvernement botta en touche, renvoyant la PMA à une future loi sur la famille et en assurant que la GPA ne serait jamais autorisée en France. Dont acte... mais...
Se tiendront à l'automne, pilotés par le comité consultatif national d’éthique, des états généraux sur l'assistance médicale à la procréation, anciennement mochement baptisée, procréation médicalement assistée. Vous noterez , au passage, ce nouveau et discret glissement sémantique dont Modernoeud a le secret. De PMA, nous parlerons donc dorénavant, mais peut-être plus pour longtemps, d'AMP.
Bref, le comité va se pencher sur le sujet et a donc commencé ses travaux en répondant, hier, aux questions de 36 députés. Le patron du dit-comité se pose la question de savoir s'il ne faut pas déplacer la réflexion sur l'AMP " hors du champ médical ". Le comité fait le constat que dès lors que l'on " pense " à l'ouverture de l'AMP aux couples d'homosexuelles, il ne s'agit plus formellement d'une assistance médicale à la procréation mais bien plus de répondre à une demande sociale, de répondre à un besoin ( glissement sémantique quand tu nous tiens... ); ainsi, le " M " d'AMP n'aurait plus de raison d'être. Il est donc nécessaire, selon le professeur Ameisen, parfaitement dans son rôle, de s'interroger sur " le rôle que la société entend donner à la médecine : corriger et prévenir les maladies ou répondre aussi à des demandes sociales ? ".
La loi bioéthique de 2004 n'autorise l'AMP que dans 2 cas bien précis: remédier à l’infertilité ou éviter la transmission à l’enfant d’une maladie d’une particulière gravité. Mais si l’assistance médicale à la procréation devient l’assistance à la procréation tout court - l'acte médical en tant que tel ne pourra donc plus être évoqué par les opposants - il faudra réfléchir non seulement à l’ouverture aux couples homosexuels et aux célibataires, mais aussi à la demande des femmes de «conserver leurs ovocytes» pour pouvoir faire des enfants, même ménopausées. Se posera également selon le professeur Ameisen les questions de la fin de l’anonymat des donneurs de gamètes et le remboursement de l’assistance à la procréation pour des raisons non médicales.
On le voit, le CCNE et son patron, sont, on ne peut plus clairvoyant. La PMA, devient AMP et logiquement mutera en AP afin de répondre à un besoin et non plus à une nécessité. A partir de là, et connaissant la propension de l'homme moderne à ne jamais refréner la satisfaction de ses besoins, je vous fiche mon billet que sous 5 ans, l'assistance à la procréation sera autorisée pour tous. La GPA n'a qu'à patienter un petit peu, juste une question de temps. Le temps de considérer - et d'accepter - qu'elle n'est que la réponse à un besoin...
Alors à la question de départ, comment dédramatiser la PMA, une réponse maintenant évidente: la banaliser, la débaptiser et n'en faire qu'une simple réponse à un besoin.
Il suffisait d'y penser.
Folie passagère 1725.